L’Égypte adopte une position réglementaire extrêmement stricte à l’égard des cryptomonnaies. Les cryptoactifs ne sont pas reconnus comme monnaie légale et la majorité des activités liées aux cryptomonnaies sont interdites par les lois bancaires et financières. En conséquence, l’Égypte ne dispose pas d’un régime fiscal spécifique aux cryptomonnaies. Toutefois, d’un point de vue fiscal, tout revenu — quelle qu’en soit la source — peut relever des lois existantes sur l’impôt sur le revenu administrées par l’Autorité fiscale égyptienne (ETA). Il en résulte une situation particulière : l’activité crypto est largement illégale, mais tout revenu réalisé ou inexpliqué peut néanmoins être imposable s’il est identifié.
En Égypte, les cryptomonnaies ne sont reconnues ni comme monnaie, ni comme valeurs mobilières, ni comme actifs numériques légaux. La Banque centrale d’Égypte (CBE) a explicitement interdit l’émission, le trading, la promotion ou l’exploitation de plateformes de cryptomonnaies sans licence, licence qui n’est actuellement pas accessible en pratique.
La position de l’Égypte concernant les cryptomonnaies et leur fiscalité repose principalement sur :
Bien que la vente de cryptomonnaies soit illégale en Égypte, tout revenu ou gain identifié par l’administration fiscale peut être considéré comme un revenu imposable. Le droit fiscal égyptien se concentre sur l’avantage économique réalisé plutôt que sur la légalité de l’activité sous-jacente.
Les transactions crypto-à-crypto ne sont pas légalement autorisées. Si de telles opérations génèrent des gains identifiables, les autorités peuvent les qualifier de revenus inexpliqués ou d’autres revenus imposables.
Les cryptomonnaies reçues via :
peuvent être considérées comme des revenus imposables si elles sont converties, rapatriées ou utilisées économiquement en Égypte.
Les résidents égyptiens sont généralement imposés sur les revenus de source égyptienne. Toutefois, les revenus étrangers peuvent faire l’objet d’un examen s’ils sont transférés en Égypte ou liés à une utilisation économique locale.
Si les revenus liés aux cryptomonnaies sont évalués comme imposables, ils peuvent être soumis aux taux progressifs de l’impôt sur le revenu en Égypte, qui varient approximativement de 2,5 % à 25 % selon le revenu annuel.
Les entreprises dont les revenus imposables sont liés à des activités crypto — si elles sont identifiées — peuvent être soumises à l’impôt sur les sociétés, généralement au taux de 22,5 %.
L’Égypte ne dispose pas d’un cadre spécifique pour l’imposition des plus-values liées aux cryptomonnaies. Les gains sont généralement imposés en tant que revenus ordinaires s’ils sont évalués.
Les contribuables doivent déclarer l’ensemble de leurs revenus imposables dans leurs déclarations fiscales annuelles. Le fait de ne pas déclarer un revenu — quelle que soit sa légalité — peut entraîner des sanctions.
L’Autorité fiscale égyptienne est habilitée à enquêter sur toute augmentation inexpliquée de patrimoine, y compris les fonds potentiellement liés à des sources numériques ou étrangères.
Dans le cadre des contrôles, les autorités peuvent demander :
Étant donné que l’activité liée aux cryptomonnaies est illégale, les pertes ne sont pas reconnues à des fins de déduction fiscale. Aucun mécanisme de compensation ou de report des pertes n’est prévu.
Les NFT ne sont pas formellement réglementés en Égypte. Tout revenu issu de la vente de NFT — s’il est détecté — peut être traité comme un revenu imposable, sous réserve des problématiques de légalité.
Les tokens reçus via des airdrops peuvent être considérés comme des revenus imposables s’ils ont une valeur mesurable et sont convertis ou utilisés économiquement.
La participation aux protocoles DeFi est interdite en Égypte. Tout revenu identifié provenant de la DeFi peut être qualifié de revenu illégal et imposé en conséquence.
L’activité crypto en Égypte comporte des risques réglementaires et pénaux significatifs. Le respect des obligations fiscales ne légalise pas une activité interdite.
L’administration fiscale égyptienne se concentre sur les revenus et patrimoines inexpliqués. Tout afflux financier important peut faire l’objet d’un contrôle, quelle que soit son origine.
Les sanctions peuvent inclure des rappels d’impôts, des amendes, des intérêts de retard, ainsi qu’une responsabilité pénale potentielle au titre des lois bancaires, de lutte contre le blanchiment ou fiscales. L’application des sanctions est discrétionnaire et dépend des circonstances de chaque dossier.
L’Égypte demeure une juridiction extrêmement restrictive en matière de cryptomonnaies, avec des interdictions clairement appliquées par la Banque centrale. Bien qu’il n’existe pas de régime fiscal spécifique aux cryptomonnaies, les revenus issus des cryptoactifs peuvent néanmoins être imposables au titre du droit commun de l’impôt sur le revenu s’ils sont identifiés. Les particuliers doivent faire preuve d’une extrême prudence et solliciter des conseils professionnels en raison du cumul des risques juridiques et fiscaux.