Fiscalité des cryptomonnaies en France 2026 : guide complet

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Fiscalité des cryptomonnaies en France : le guide complet 2026

 

Résumé rapide

 

La France classe les cryptomonnaies comme des « actifs numériques » (*actifs numériques*) soumis à un régime fiscal spécifique prévu par l’article 150 VH bis du Code général des impôts. Les particuliers sont imposés sur les plus-values au taux forfaitaire de 30 % (le « PFU » ou *flat tax*), tandis que les traders professionnels peuvent relever d’un autre régime fiscal. Les revenus issus du minage, du staking et d’autres activités crypto sont également imposables. L’administration fiscale française (*Direction Générale des Finances Publiques*, DGFiP) fournit des indications détaillées via son portail officiel.

 

Comment la France qualifie les cryptomonnaies à des fins fiscales

 

Les cryptomonnaies en tant qu’actifs numériques

 

Le Code général des impôts (article 150 VH bis) définit les cryptomonnaies comme des actifs numériques (*actifs numériques*). Cette qualification couvre les tokens, les cryptomonnaies et les unités numériques associées. Les cessions d’actifs numériques par des particuliers à titre non professionnel déclenchent l’imposition des plus-values.

 

Cadre juridique clé

 

La fiscalité des actifs numériques repose principalement sur :

 

  • Article 150 VH bis – régime des plus-values pour les particuliers
  • Article L54-10-1 du Code monétaire et financier – définition des actifs numériques
  • Doctrine administrative de la DGFiP – règles déclaratives, méthodes de valorisation et exemples pratiques

 

Événements crypto imposables en France

 

1. Vente de cryptomonnaies contre des monnaies fiduciaires

 

Il s’agit de l’événement imposable principal pour les particuliers. La vente de cryptomonnaies contre des euros (ou une autre devise fiduciaire) entraîne une imposition sur la plus-value réalisée, calculée comme la différence entre le prix d’acquisition et le prix de cession.

 

2. Utilisation de cryptomonnaies pour acheter des biens ou des services

 

L’achat de biens ou de services avec des cryptomonnaies est assimilé à une cession imposable et nécessite le calcul d’une plus-value conformément à l’article 150 VH bis.

 

3. Échange crypto-à-crypto

 

Les échanges entre cryptomonnaies ne constituent pas un fait générateur d’imposition. En France, seules les cessions en monnaie fiduciaire ou les paiements effectués en cryptomonnaies sont imposables.

 

4. Réception de cryptomonnaies à titre de revenu

 

Les cryptomonnaies perçues au titre du minage, du staking, d’une activité salariée, de prestations de services, d’intérêts ou de récompenses sont considérées comme des revenus imposables. Selon la nature de l’activité, les règles de l’impôt sur le revenu ou des bénéfices industriels et commerciaux (*BIC*) peuvent s’appliquer.

 

5. Activité de trading professionnelle

 

Lorsque l’activité de trading est jugée habituelle ou professionnelle, les gains peuvent être imposés selon les régimes *BNC* ou *BIC*, plutôt que dans le cadre du régime simplifié des actifs numériques.

 

Taux d’imposition des plus-values crypto en France

 

Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)

 

Les particuliers bénéficient d’un taux forfaitaire unique sur les plus-values issues des actifs numériques :

 

  • 30 % au total (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux)

 

Seules les plus-values nettes annuelles sont imposées. Les moins-values peuvent être imputées sur les gains de la même année, sans possibilité de report sur les années suivantes.

 

Imposition des revenus issus des cryptomonnaies

 

Qu’est-ce qu’un revenu crypto ?

 

  • Récompenses de minage et de staking
  • Airdrops reçus en contrepartie ou à titre de récompense
  • Intérêts perçus via le lending ou les protocoles DeFi
  • Cryptomonnaies reçues dans le cadre d’un emploi ou d’une activité indépendante

 

Les taux d’imposition varient selon la catégorie de revenus :

 

  • BIC (bénéfices industriels et commerciaux)
  • BNC (bénéfices non commerciaux)
  • Barème progressif de l’impôt sur le revenu

 

Obligations déclaratives liées aux cryptomonnaies en France

 

Déclaration annuelle des revenus

 

Les plus-values doivent être déclarées via le formulaire 2086 (*Formulaire 2086*). Les revenus crypto sont déclarés à l’aide des formulaires d’impôt sur le revenu correspondants à leur nature.

 

Comptes et portefeuilles détenus à l’étranger

 

Les résidents fiscaux français doivent déclarer tous les comptes d’actifs numériques détenus à l’étranger (par exemple, des comptes sur des plateformes situées hors de France) au moyen du formulaire 3916-BIS.

 

Obligations de conservation des documents

 

La DGFiP exige la conservation de documents détaillés, notamment les coûts d’acquisition, l’historique des transactions, les relevés de plateformes d’échange et les mouvements de portefeuilles.

 

Traitement fiscal des pertes en cryptomonnaies

 

Imputation des moins-values

 

Les pertes peuvent être imputées sur les gains uniquement au titre de la même année fiscale. Contrairement à certains pays de l’UE, la France n’autorise pas le report des moins-values sur les actifs numériques.

 

Cas particuliers : NFT, airdrops et DeFi

 

Transactions sur les NFT

 

Les NFT sont généralement considérés comme des actifs numériques. Leur cession en monnaie fiduciaire entraîne l’imposition des plus-values. Les créateurs professionnels de NFT peuvent relever des régimes *BNC* ou *BIC*.

 

Activités DeFi

 

La France ne dispose pas de législation fiscale spécifique dédiée à la DeFi. L’imposition dépend de la substance économique des opérations : les intérêts et récompenses sont imposables en tant que revenus, tandis que les cessions en monnaie fiduciaire déclenchent une imposition des plus-values.

 

Comment préparer sa fiscalité crypto en France

 

Suivi des transactions

 

Il est indispensable de conserver des enregistrements précis des acquisitions, des cessions et des revenus. Les outils fiscaux crypto peuvent faciliter les calculs pour le formulaire 2086 et la déclaration au titre du PFU.

 

Outils crypto adaptés à la France

 

Plusieurs plateformes crypto prennent en charge le régime PFU français, le calcul automatique des coûts d’acquisition et l’intégration avec les exigences déclaratives de la DGFiP.

 

Sanctions en cas de non-conformité

 

L’absence de déclaration des gains, des revenus ou des comptes étrangers peut entraîner des sanctions financières importantes. La DGFiP surveille activement les transactions en cryptomonnaies, et les plateformes françaises sont tenues de transmettre les données des utilisateurs conformément aux obligations AML et fiscales.

 

Conclusion

 

La France propose un cadre fiscal clair, axé sur les cessions en monnaie fiduciaire et les revenus générés par les activités liées aux cryptomonnaies. Avec un taux forfaitaire de 30 % pour les particuliers et des obligations déclaratives spécifiques pour les comptes étrangers, une documentation rigoureuse et des déclarations annuelles précises sont essentielles pour rester en conformité.

 

Références / Sources