Do Kwon : Le fondateur de Terra au cœur de l’effondrement des stablecoins algorithmiques

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Qui est Do Kwon ?

 

Do Kwon (Kwon Do-hyung) est un ancien entrepreneur et ingénieur logiciel sud-coréen, principalement connu comme cofondateur et PDG de Terraform Labs, l’entreprise derrière la blockchain Terra, le stablecoin algorithmique TerraUSD (UST), ainsi que son jeton volatil associé LUNA (devenu par la suite LUNC). En mai 2022, l’écosystème Terra s’est effondré, provoquant la disparition de dizaines de milliards de dollars et l’un des plus grands krachs de l’histoire des cryptomonnaies.

 

Après plusieurs mois de fuite et d’avis de recherche internationaux, Kwon a été arrêté au Monténégro en mars 2023 pour utilisation de documents falsifiés. Il a ensuite été extradé vers les États-Unis, où il a plaidé coupable en 2025 pour des accusations de fraude liées à l’effondrement de TerraUSD et de LUNA.

 

Résumé rapide

 

Do Kwon est passé rapidement du statut de diplômé de Stanford à celui de figure emblématique de l’industrie crypto, promouvant Terra comme une nouvelle forme de monnaie programmable et TerraUSD comme un « stablecoin algorithmique décentralisé ». Au sommet de sa croissance, l’écosystème Terra attirait d’importants capitaux et figurait parmi les dix plus grands projets cryptos. Son effondrement soudain en 2022 a provoqué environ 40 milliards de dollars de pertes et a déclenché une réaction en chaîne sur les marchés. Kwon a finalement été extradé puis inculpé, avant de plaider coupable et d’accepter la confiscation de plusieurs millions de dollars.

 

Parcours et entrée dans la cryptomonnaie

 

Né en 1991 à Séoul, Kwon étudie l’informatique à l’Université Stanford. Après ses études, il travaille comme ingénieur logiciel avant de fonder Anyfi, une startup spécialisée dans les réseaux maillés et les connexions pair-à-pair. Cette expérience l’oriente progressivement vers les systèmes financiers décentralisés.

 

En 2018, Kwon cofonde Terraform Labs avec l’entrepreneur coréen Daniel Shin. L’objectif était de créer Terra, une blockchain dédiée aux paiements programmables et aux stablecoins algorithmiques, se positionnant comme alternative aux systèmes de paiement traditionnels et aux stablecoins centralisés. Terra reposait sur un mécanisme algorithmique avec LUNA plutôt que sur des réserves en liquidités.

 

Contributions majeures et impact

 

Terraform Labs et l’écosystème Terra

 

Terraform Labs lance la blockchain Terra en 2019, accompagnée de plusieurs stablecoins et du jeton LUNA. TerraUSD (UST) devait maintenir son ancrage au dollar via un mécanisme algorithmique de création et destruction entre UST et LUNA, une approche innovante mais risquée.

 

L’écosystème Terra grandit rapidement grâce à des applications comme Anchor Protocol, qui offrait des rendements élevés sur les dépôts UST. Début 2022, UST dépasse 18 milliards de dollars de capitalisation, et LUNA se classe parmi les cryptomonnaies les plus importantes.

 

En mai 2022, UST perd son ancrage et s’effondre, entraînant LUNA dans une chute quasi totale. En quelques jours, 40 à 45 milliards de dollars disparaissent, déclenchant une chute massive du marché et marquant le début d’un « hiver crypto » mondial.

 

Stablecoins algorithmiques et Basis Cash

 

Avant TerraUSD, des enquêtes ont révélé que Kwon avait participé à un autre stablecoin algorithmique : Basis Cash. Lancé en 2020 sous les pseudonymes « Rick » et « Morty », le projet échoue lui aussi à maintenir son ancrage au dollar. Kwon est par la suite identifié comme l’un de ses fondateurs pseudonymes.

 

Ces projets ont fait de Kwon une figure clé des stablecoins algorithmiques, mais aussi un exemple des limites et risques de ces modèles lors de crises de marché.

 

Influence sur l’industrie crypto

 

L’essor de Terra a popularisé plusieurs notions du DeFi : dépôts à haut rendement sur stablecoins, actifs synthétiques on-chain, et mécanismes algorithmiques remplaçant les collatéraux traditionnels. De nombreuses plateformes, fonds et services cryptos dépendaient profondément de LUNA et UST.

 

Lorsque Terra s’effondre, les positions fortement exposées sont liquidées en chaîne, entraînant l’effondrement de plusieurs prêteurs, fonds spéculatifs et acteurs du marché. De nombreuses analyses considèrent cet événement comme l’un des principaux déclencheurs de la crise 2022-2023.

 

Sur le plan réglementaire, l’affaire Terra accélère les appels à une réglementation plus stricte des stablecoins, à de meilleures obligations de transparence et à un contrôle renforcé des produits crypto présentés comme « sûrs ». Les procédures judiciaires visant Terraform Labs et Kwon constituent désormais une référence internationale.

 

Rôle

 

Kwon était la figure publique de Terraform Labs et de Terra. En tant que PDG, il supervisait le développement de la blockchain Terra, le lancement de TerraUSD et LUNA, ainsi que les partenariats stratégiques avec les bourses, fonds et développeurs. Son style provocateur sur les réseaux sociaux contribuait à son importante visibilité.

 

Après l’effondrement de Terra, il devient le centre de multiples actions civiles et pénales. La Corée du Sud émet un mandat d’arrêt international ; les États-Unis l’accusent de fraude et de violations des lois sur les valeurs mobilières ; des investisseurs du monde entier intentent des poursuites. Terraform Labs dépose ensuite le bilan sous le chapitre 11 aux États-Unis.

 

Fin 2025, Kwon a plaidé coupable aux États-Unis, accepté la confiscation de plus de 19 millions de dollars et risque jusqu’à 12 ans de prison.

 

Citations notables

 

  • « I don't debate the poor on Twitter… » — citation polémique de 2021.
  • « Oh, I'm not using it anyway… » — réaction à l’invalidation de son passeport sud-coréen.
  • « I do apologize and do own up… » — reconnaissance de sa responsabilité après l’effondrement de Terra.

 

Héritage, fortune et perspectives

 

Depuis l’effondrement de Terra, Do Kwon est passé de pionnier admiré à l’une des figures les plus controversées du secteur. Terra a démontré le potentiel de la finance programmable, mais son effondrement a mis en lumière les risques des systèmes complexes et faiblement régulés.

 

Au plus fort du marché haussier, Kwon était considéré comme un milliardaire sur le papier grâce à ses avoirs en LUNA. Après l’effondrement, entre gels d’actifs, poursuites et procédures de faillite, sa fortune réelle devient difficile à estimer. Ce contraste accentue le caractère symbolique de l’affaire Terra.

 

À l’avenir, son implication dans la crypto devrait être fortement limitée par les contraintes juridiques et réglementaires. L’affaire Terra continuera d’influencer la régulation des stablecoins et la protection des investisseurs pendant de nombreuses années.

 

Sources